PROJECTION PRESSE
Le Pixar-Planet était convié, le mercredi 22 juin 2011, à la projection presse de
Vacances à Hawaï et de
Cars 2 qui avait lieu au cinéma Publicis sur les Champs-Elysées à Paris. Nous arrivons dans une salle très spacieuse et nous nous asseyons sur des fauteuils confortables pour voir enfin le court-métrage
Vacances à Hawaï, qui nous propose en quelque sorte la suite de
Toy Story 3, puis
Cars 2, la suite des aventures de
Flash McQueen et
Martin.
VACANCES À HAWAÏ

La fin de
Toy Story 3 a beaucoup marqué les esprits par la forte émotion que l'on a ressenti en quittant
Woody,
Buzz et les autres jouets. Recueillis par la petite
Bonnie, les jouets aspirent à une nouvelle vie.
En 2010, quand Pixar a annoncé de décliner la franchise en courts-métrages, se refusant à faire un
Toy Story 4, l'enthousiasme était là et l'impatience au rendez-vous. L'annonce est enfin tombée : un court-métrage sera diffusé avant
Cars 2, ouvrant la voie à une nouvelle série :
Toy Story Toons.
Nous retrouvons
Ken et
Barbie qui envisagent de partir à Hawaï avec
Bonnie. Manque de chance, ils sont oubliés par
leur propriétaire.
Woody et les autres jouets, par solidarité, recréent pour eux les paysages de l'archipel afin de leur faire profiter de leurs vacances.
On assiste donc à différentes courtes scènes successives, mais toutes aussi réussies les unes que les autres. Les idées sont toujours très bien trouvées par les jouets pour recréer les lieux de visites avec les moyens du bord (
Rex déguisé en oiseau avec des morceaux de cartons par exemple).

On prend surtout plaisir à retrouver nos personnages favoris quittés un an plus tôt. Cependant, le format court-métrage fait qu'on s'y attarde peu, mais nous retrouvons l'humour de la trilogie grâce au caractère de chacun.
Au final, c'est un court-métrage réussi grâce à de bonnes idées, et les débuts en tant que réalisateur de Gary Rydstrom sont loin d'être décevants. Un montage dynamique et des scènes courtes permettent de nous faire rire avec un final amusant.
Si la trilogie est achevée, les personnes ne sont pas oubliés pour autant. Pixar annonce en février 2011
un nouveau Toy Story Toons qui sera diffusé le 23 novembre 2011 avant le film
Les Muppets. L'occasion pour nous de retrouver avec plaisir ces personnages qui ont fait le succès de Pixar et qui restent une valeur sûre.
CARS 2

En 2006,
John Lasseter réalise un film qu'il avait en tête depuis longtemps :
Cars. Nous faisions la connaissance de
Flash McQueen et des habitants de Radiator Springs. Le film fut une réussite internationnale (malgré
une faible affluence en France). De plus, grâce aux multiples produits dérivés, le merchandising a permis de faire perdurer l'univers dans le temps.
Cars 2 est mis en chantier et confié à Brad Lewis. Au bout de quelques mois et suite à quelques modifications, John Lasseter reprend le flambeau de réalisateur et Brad Lewis devient l'assistant.
Si le premier film se déroulait entre le comté de Carburator et la Piston Cup, ce nouveau volet se veut plus internationnal. Tokyo, Paris, Londres...sont les nouvelles destinations de l'écurie de
Flash. Arborant une nouvelle peinture, il participe au Grand Prix Mondial, affrontant alors les meilleurs pilotes dans des circuits où l'expérience et le talent sont primordiaux. Cependant, le film a une double intrigue avec
Martin, la célèbre dépanneuse gaffeuse et naïve, qui se trouve au coeur d'une affaire d'espionnage, en compagnie du meilleur agent secret :
Finn McMissile. Celui-ci doit déjouer les plans du
Professeur Z qui veut empêcher le déroulement de la course, afin de laisser perdurer l'énergie du pétrole.

La première bande-annonce du film avait laissé une certaine déception, où nous avions l'impression de voir un
Cars Toon avec l'omniprésence de
Martin. Heureusement, plus le temps passait, et plus l'enthousiasme renaissait avec des bandes-annonces beaucoup plus dynamiques et présentant toute l'ambiance du film. La campagne promotionnelle a été intense sur ce film, avec chaque semaine, et ce durant des mois, la révélation en images et en vidéos de
nombreux personnages, ainsi que de plusieurs extraits du film, featurettes...(vous pouvez retrouver l'ensemble des vidéos sur
la fiche du film).
La lampe Luxo fait son apparition à l'écran, et c'est parti pour 1h46 de film.
La scène d'ouverture nous plonge rapidement dans une ambiance sérieuse et sombre. Digne d'un James Bond, l'action s'enchaîne rapidement ne nous laissant pas une seconde de répit avec une sublime course-poursuite et des explosions très réalistes.
Finn McMissile est un espion professionnel avec sa panoplie de gadgets et son ingéniosité pour se sortir des situations les plus difficiles. Quant au méchant
Professeur Z, il rappelle étrangement le fameux Blofeld de James Bond, avec son flegme mélangé à sa cruauté. Dès le début, ce qui saute aux yeux à travers cette scène d'action est l'amélioration technique (que ce soit le métal comme l'eau). Pixar a poussé encore plus loin le photoréalisme.

L'intrigue d'espionnage est lancée, il nous reste donc celle de la course. Le principe est simple :
Miles Axlerod propose un nouveau bio-carburant afin de remplacer l'essence et décide d'inviter les plus grands coureurs mondiaux à participer à trois courses en utilisant l'Allinol. L'occasion pour nous de retrouver Radiator Springs et ses habitants. Quatre ans se sont écoulés et la petite ville n'a pas trop changé. On retrouve des détails qui donnaient tout le charme de cette ville, telle que la route faite par
Flash qui s'arrête à l'entrée de Radiator Springs, la boutique de souvenirs de Lizzie toujours aussi chargée... Nous retrouvons tous les habitants sauf un :
Doc Hudson. Suite au décès de la voix américaine (Paul Newman), Pixar et surtout John Lasseter ont décidé de ne pas réutiliser le personnage mais de lui rendre hommage. C'est à travers
Flash que cela se fait grâce une scène riche en émotions.
Flash se lance donc dans le Grand Prix Mondial avec sa propre écurie (
Guido et
Luigi pour les pneumatiques,
Sergent et
Fillmore pour le carburant,
Martin en tant que directeur technique). L'équipe s'envole pour Tokyo pour faire la présentation des concurrents. Le personnage de
Francesco Bernouilli nous garantit une concurrence intéressante pour la suite du film, avec un niveau plus élevé que cela n'était avec
Chick Hicks. Si jusqu'ici le film se voulait sérieux, cela va rapidement changer.
Martin est égal à lui-même et commet gaffes sur gaffes. Et c'est un des points noirs du film malheureusement. Il est trop présent à l'écran et apporte une surdose d'humour qui n'était pas forcément nécessaire. Peut-être est-ce un choix de Pixar afin de contrebalancer la noirceur du milieu de l'espionnage, car une fois que
Martin est considéré à tort comme un agent secret, nous assistons à une scène assez sombre mettant en avant la mort d'un personnage de manière tragique, chose qui n'était pas habituelle dans les précédentes productions Pixar.

Nous assistons enfin à ce que nous attendions pour un film sur le sport automobile : la première course de voitures à Tokyo. Pixar a surpassé la course de la Piston Cup du premier opus. Les sièges vibrent aux vrombrissements des moteurs, nous plongeant totalement dans une course endiablée, servie par une réalisation parfaite. Associé à ça des décors époustouflants, encore mieux que tout ce qui avait été fait avant par les studios.
C'est là que nous devons nous attarder : si
Cars avait mis la barre très haut en ce qui concerne les décors, améliorés d'avantage dans
Ratatouille,
Cars 2 écrase tout sur son passage. Jamais Pixar n'avait crée autant de décors aussi variés avec un souci du détail poussé à l'extrême. Que ce soit Tokyo avec ses multiples immeubles illuminés de nuit (gros travail de lumière), Paris avec ses monuments célèbres (Le Louvre, l'Arc de Triomphe, Notre-Dame de Paris) et son architecture unique (encore plus belle que dans
Ratatouille), l'Italie avec son charme du sud et Londres avec son univers urbain, nous sommes impressionnés par la qualité visuelle. Le mot "photoréalisme" peut être utilisé pour parler de ce film où tout est "voiturisé". L'univers automobile se retrouve partout dans des détails insignifiants qui permettent de créer un design propre à la franchise
Cars.
Cars possède
l'une des bandes originales les plus intéressantes et fournies en chansons,
Cars 2 ne déroge pas à la règle. Que ce soit par le groupe Weezer ou bien par Brad Paisley,
les chansons donnent une ambiance agréable. On regrette cependant la chanson de Bénabar qui passe assez inaperçue. Randy Newman avait cédé sa place à Michael Giacchino. Si le premier se voulait entraînant, ici nous avons droit à des musiques plus rythmées et parfois sombres pour les scènes d'espionnage. Cependant, la bande originale reste assez simple comparée aux productions précédentes.
Comme nous l'avons dit plus haut, rarement Pixar n'avait fait une telle campagne promotionnelle pour l'un de ses films, en présentant autant de nouveaux personnages. Malheureusement, tous les pilotes (à part
Francesco) n'appparaissent que rapidement à l'écran. Pour les autres personnages secondaires (tel qu'
Oncle Topolino), leur utilité dans l'histoire se veut minimale. En revanche pour
Finn et
Holley, les deux personnages se complètent parfaitement, l'un par son expérience, l'autre par son expertise en analyse. Un point est à souligner pour cette suite, au niveau de l'importance des personnages.
Flash est en retrait comparé à
Martin, quasi omniprésent entre l'espionnage et la course. Dans
Cars,
Martin était naïf et amusant, ici il sert à l'humour mais en fait un peu trop, rendant souvent son personnage détestable. Ce n'est que quand il est dans l'espionnage qu'il reprend un peu de sa saveur en le montrant enfin avec ses connaissances en mécanique qui servent à l'histoire. Son expérience en tant qu'espion n'aura malheureusement pas fait évoluer le personnage, ce qui est regrettable car il y avait là un potentiel à exploiter. On déplore aussi la voix française changée, modifiant un peu la personnalité de
Martin.

Comme beaucoup d'autres films depuis quelques temps,
Cars 2 bénéficie de la technologie du relief. Si pour
Toy Story 3 nous avions été un peu déçus de son usage, ici il prend enfin de l'intérêt, probablement grâce à des décors qui s'y prêtent mieux. Pas d'objets qui sortent de l'écran (Pixar n'use pas du relief pour cela), mais un renforcement du réalisme, nous plongeant encore plus dans le film.
Depuis plusieurs films, Pixar a l'art de maîtriser les génériques de fin (nous en avions d'ailleurs fait un
dossier). Celui de
Cars 2 est également réussi avec une animation 2D amusante qui nous fait voyager dans différents pays du monde.
Cars 2 se veut différent de son prédécesseur. Cette différence pourrait se résumer en : les séquences émotions absentes au profit de scènes humoristiques. C'est alors au goût de chacun.
Cars est l'un des films Pixar qui a le moins bien marché en France. Peut-être que d'avoir changé l'orientation du film en délaissant un peu le monde de la course pour un film d'espionnage attirera plus de gens. Il faut bien avouer que de ce côté là, les studios à la lampe ont maîtrisé le scénario, la double intrigue fonctionnant très bien.
John Lasseter confirme son talent de réalisateur (et sa passion pour le milieu automobile) en présentant d'une belle manière les multiples décors et le nombre conséquent des voitures.
Pixar s'est donc lancé dans une nouvelle suite malgré quelques déceptions. Si techniquement il est sublime, le choix d'avoir amoindri la présence de
Flash, l'humour lourd de
Martin (qui est omniprésent) et beaucoup d'actions, rend ce film décevant comparé aux autres productions Pixar. Ce film est axé sur un public très enfantin, qui ne sera pas forcément rejoint par les adolescents et les adultes. Et encore, les enfants pourraient être perturbés par une histoire en somme plutôt complexe. Le public et la presse outre-atlantique ont jugé ce film "violent", cependant
Les Indestructibles use de cette même "violence" sur des humains, mais les spectacteurs n'ont pas été autant choqués.
Une troisième franchise va d'ailleurs voir le jour en 2013 avec le retour de
Bob et
Sulli dans
Monstres Academy, le préquel de
Monstres & Cie, en espérant que l'humour si légendaire de
Bob ne s'approchera pas de l'humour peu subtil de
Martin dans
Cars 2 !
Rédacteurs : Ravnek et Tonks -
Correctrice : Tonks.